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Comment voyager tout en restant zéro déchet ?

Comment voyager tout en restant zéro déchet ?

Comment faire pour créer un minimum de déchets et avoir une emprunte écologique la plus petite possible lorsque l’on voyage, notamment en mode « backpacker » ? Comment allier plaisir de la découverte et éco-responsabilité ?

L’écologie n’a pas de frontières : ce que l’on jette ici se ressent à l’autre bout du monde, quelque soit l’endroit où l’on se trouve. Rien ne disparaît par magie car bien caché dans un endroit perdu…

Le meilleur déchet reste donc celui que l’on ne produit pas.

À titre personnel, je me suis lancée dans une démarche qui vise à tendre très humblement vers le « zéro déchet ». Lors de mes voyages sac sur le dos, j’essaye donc autant que possible de garder ce cap. Car ce que je réduis chez moi n’a pas d’intérêt si je le créé ailleurs. La démarche est globale et à l’échelle de la planète.

Pourtant, voyager peut largement décourager ce que vous vous acharnez à faire chez vous. Quand vous en êtes à fabriquer vos produits ménagers ou d’hygiène pour éviter les emballages, et que vous traversez des routes jonchées de sacs plastiques et d’ordures jetées en pleine nature, il y a de quoi être découragé. Pire encore, quand un local fini son soda et le jette par terre sous votre nez, l’air de dire « qu’est ce que ça peut faire ? ».

Et pourtant, il faut tenir, faire de la pédagogie, expliquer, tenter de convaincre… Se dire qu’il y autant, voir plus, de déchets chez nous sauf qu’ils sont enfouis, à l’abri des regards, ou incinérés, ce qui n’est pas mieux. Une manière de les ignorer alors qu’ils s’amoncellent.

 

À ma petite échelle et avec mon expérience de voyageuse, je vous livre quelques conseils et astuces pour réduire, selon votre degré d’engagement et de motivation, vos déchets et le gaspillage en général.

 

Consommer de l’eau en étant zéro déchet en voyage :

 

En buvant l’eau du robinet, on économise 12kg de déchets par an et par personne. Si comme moi, vous n’avez jamais acheté d’eau en bouteille plastique dans votre quotidien, pourquoi le faire en voyage ? La gourde, ou poche à eau, sera votre meilleur allié. L’idéal, c’est la gourde pliable : elle ne pèse RIEN, s’enroule et se clips avec un bouton pression pour ne prendre aucune place, et a un mousqueton pour l’accrocher (à la ceinture, au sac…).La mienne est en plus BPA free. Il n’y a plus qu’à remplir votre gourde chaque matin au robinet de votre logement avant de partir en vadrouille !

 

Concernant les pays où l’eau n’est pas potable, il est possible de filtrer l’eau avant de la boire via différentes méthodes. Afin de limiter les risques, quelques conseils :

  • Prélevez l’eau la plus claire possible
  • Prélevez l’eau le plus loin possible d’activités polluantes et en amont des activités humaines.
  • Evitez l’eau stagnante, les micro-organismes s’y développent plus facilement.

Pour filtrer l’eau, vous pouvez vous procurer un tube filtrant ou bien une gourde qui en intègre un. Le principe d’un filtre est simple : l’eau passe à travers des pores de petite taille qui retiennent les organismes et particules. La gourde que j’utilise en ce cas est la LifeStraw : son filtre peut/doit être changé tous les 10 000L d’eau filtrés (autant dire un petit bout de temps). La marque est en plus engagée pour faire accéder l’eau potable auprès d’écoles en Afrique notamment.

Dans certains pays, l’eau est potable / bue par les locaux, mais indiquée comme déconseillée pour les touristes. À chacun de voir mais pour ma part, c’est ce qu’on m’avait dit en Jordanie, où j’ai bu l’eau du robinet pendant 10 jours sans problème. En Turquie, où l’eau n’est pas potable, j’ai bu beaucoup de Thé 😀  Renseignez vous bien sur la qualité de l’eau avant de vous lancer.

 

Manger zéro déchet en voyage :

 

En voyage comme dans la vie quotidienne, c’est pour moi le poste le plus difficile. J’avoue très humblement que lorsque je baroude, je cherche peu de solutions alternatives pour me nourrir. Je fais souvent au plus simple, et majoritairement, au moins cher. Ce qui généralement implique des déchets d’emballages. De plus, il n’y a jamais de cuisine dans les endroits où je dors, donc je n’ai pas de possibilité de préparer moi même. L’essentiel pour moi : manger local. Je suis une grande adepte de street food (là où l’on découvre la vraie cuisine d’un pays), et il n’y a pas pire niveau emballage à usage unique à la durée de vie ultra courte. Mon pire et meilleur exemple est Bangkok, qui excelle à la fois en cuisine de rue (probablement les meilleures découvertes culinaires que j’ai pu faire en voyage) et en amoncellement des déchets (du fait des énormes quantités de plastiques à usage unique utilisés). Lire mon article : Bangkok, bienvenu à plastique-land http://laplanneusesupertramp.fr/bangkok-bienvenue-a-plastique-land/

 

Pourtant, c’est quand on sort de sa zone de confort que l’on se rend compte à quel point il est assez simple de trouver des produits en vrac. Votre principal allié ? Des petits sacs en tissu, toujours avec vous, pour acheter au poids et sans emballage sur les marchés, dans la rue. C’est aussi l’occasion de découvrir des aliments vraiment locaux. Votre sac à dos de journée servira de sac de courses.

Pour préparer à manger, si vous êtes en auberge ou chez l’habitant, vous utiliserez la cuisine et une vaisselle classique pour faire vos repas donc pas de problème. Si vous êtes en mode camping, en plus du réchaud, je ne peux que vous conseiller d’avoir une popote, avec des ustensiles réutilisables. Pensez à la serviette en tissu, au lieu d’un bout d’essuie tout ! Elle peut aussi servir à envelopper un reste de repas ou un sandwich pour remplacer l’allu.

Même si je mange toujours à l’extérieur quand je voyage, je prends toujours avec moi mes couverts (et mes baguettes), ma gourde et ma serviette et je les utilise aussi souvent que possible.

 

Au sujet de la beauté et de l’hygiène zéro déchet en voyage :

 

Attention, ceci est un paragraphe plutôt féminin. Être relativement minimaliste dans ma vie me permet de voyager léger et surtout, je n’ai pas l’impression de me priver d’affaires lorsque je me déplace. Par exemple, je me maquille peu dans la vie, donc je me contente du strict minimum en voyage.

Si les règles d’hygiène de base sont essentielles en toutes circonstances, voyager est parfois synonyme de changement d’habitudes. Il s’agit alors de faire preuve d’ouverte d’esprit, en envisageant de se débarbouiller dans une rivière ou de se laver à l’eau salée (comme ce fut mon cas à Beyrouth, où l’eau courante – robinet, douche…- est salée). Alors oubliez les produits de beauté, les fers à lisser et autre sèches cheveux ! Vous n’en voyagerez que plus léger.

Dans le choix des produits, il existe une multitude de solutions zéro déchet et/ou bio, que vous pouvez adopter selon votre degré d’implication. Perso, j’utilise un pain de savon-shampoing (et qui sert à monsieur pour la barbe), rangé dans une pochette imperméable. J’emmène toujours un petit bout de savon de Marseille pour laver des affaires en court de voyage.

Côté déo, une pierre d’Alun ou un mélange bicarbonate de soude-huile de coco dans un flacon fera l’affaire. J’utilise une brosse à dent compostable (295 millions de brosses à dents jetées en France / an…) et un dentifrice solide. Pour l’intime, certaines ont sans doute entendu parler de la cup en silicone et de ses avantages.

Les produits sur lesquels je n’ai pas (ou plutôt ne veux pas) d’alternative ZD : la crème solaire, l’anti-moustique de l’OMS spécial pays à risques, l’anti cernes (bio), le mascara (bio).

 

Comment gérer les transports dans une démarche zéro déchet lors de voyage :

 

J’entends déjà certains dire : « prendre l’avion, c’est pas très écolo ». Je n’ai jamais dit que j’étais parfaite d’un point de vue environnemental, et je ne prétends pas l’être. Je ne suis pas un ermite, je suis réaliste et je tente de faire du mieux possible, à mon échelle. Prendre l’avion est une étape par laquelle on doit passer pour voyager, j’assume pleinement le prendre régulièrement. Dans ma vie de tous les jours, je n’ai pas de voiture personnelle et me déplace majoritairement à pieds (tram ou vélo occasionnellement). Hors Angers, je ne bouge quasi qu’en covoiturage depuis des années (membre Blablacar depuis 2009, tu peux pas test :D) et à l’occasion, je baroude en « bus Macron ». Donc, quand c’est nécessaire, je m’autorise à prendre l’avion.

 

Parlons en, de l’avion. Comme indiqué plus haut, dans votre « kit ZD de voyage », il y a les couverts et la gourde. Qui sont à garder avec vous en cabine, afin de refuser les éventuels couverts et verre en plastique que l’on vous donne. Je dis « éventuels » car j’ai souvent, même sur du low cost, des couverts en métal ! Au moment du service, demandez à l’hôtesse si elle peut remplir votre gourde, on ne me l’a jamais refusé (avec de l’eau bien sur). Si vous voulez une boisson spécifique, il faudra utiliser le verre en plastique, et donc de le réutiliser tout au long du voyage si possible. Concernant le repas : sachez que le plateau sera de toute façon jeté, vide ou non. Un jour, j’ai rendu une partie de mon plateau, avec les produits emballés individuellement toujours fermés, en précisant que je n’y avais pas touché. L’hôtesse m’a regardé avec des grands yeux l’air de dire « elle est mignonne mais ça sert à rien ». Alors pour éviter le gaspillage, même si cela engendre des déchets, je préfère manger ce repas, qui plus est inclus dans le prix du billet. N’oubliez pas vos écouteurs, et de quoi vous faire un oreiller et une couverture avec vos vêtements, pour ne pas ouvrir inutilement les kits individuels sous blister proposés par la compagnie pour le voyage.

 

Lorsque l’on est en voyage, il n’y a rien de tel que les transports locaux pour découvrir vraiment un pays et sa population et réduire son impact sur l’environnement. J’aime le bordel organisé des Bus et de leurs relais, les Dolmus, en Turquie, et qui permettent de vadrouiller dans tout le pays. J’adore le collectivo du Cap Vert, unique moyen de se déplacer pour les locaux, qui embarque humains et nourriture pour livrer le moindre petit village perdu. Je souris en repensant à ce chauffeur de « taxi » officieux qui m’a laissé le volant de sa voiture au milieu du désert de Moab (Jordanie) et m’a dit « secret, just you and me » de peur que ses collègues sachent qu’il a laissé une femme conduire. J’adore le vieux tram des années 30 de Lisbonne, toujours bondé et qui frôle les bâtiments. J’ai aimé prendre le train de nuit entre Bucarest et Sofia (10h de voyage pour 350km), avec les couchettes improvisées, la lenteur, la possibilité de passer la tête dehors pour prendre l’air en pleine route. J’ai encore plus aimé le train en Thaïlande, tellement lent que les marchands ambulants enlèvent leurs marchandises des rails juste avant le passage du train, pour les remettre juste après. Passée par plus de 50 pays, j’ai pleins d’exemples en tête de rencontres, d’anecdotes, de découvertes, en utilisant les moyens de transports des locaux. Et en plus, c’est écologique et économique 

 

Préparer un sac zéro déchet pour ses voyages :

 

Là, il s’agit plutôt de minimalisme et de la manière de concevoir le voyage. En 2013, lorsque je suis partie faire le tour de l’Europe, j’ai acheté un sac immense de 60L, qui pesait 13kg à mon départ et 18kg à mon arrivée. J’étais MO-RTE. Et surtout, j’ai pris beaucoup trop d’affaires, ce qui était un casse tête quotidien pour trouver ce que j’avais vraiment besoin. Bref, à mon retour je me suis dit « plus jamais » et après de longues recherches, j’ai vendu mon 60L et trouvé le sac idéal : https://www.tortugabackpacks.com/products/outbreaker-travel-backpack

Avec ça, je voyage un mois, et avec mon ordinateur (ce qui n’était pas possible avec l’autre). Concernant le prix (élevé) du sac, je suis partie d’un principe : il est au format « cabine », je n’aurai plus donc jamais à payer un « bagage en soute ». Comme je prends une dizaine de vols à l’année, le coût a donc largement été amorti.  

Résultat, je voyage léger (< 10kg, Mac inclu), pour une semaine ou pour un mois, avec ce sac cabine (+ un petit sac 10L quechua, idéal pour la journée). Je réfléchis en amont à ce que j’ai besoin, selon le pays, sa géographie, sa météo, et je ne fais plus mon sac à base de « au cas où, ça peut servir ». J’ai un Excel pour ne rien oublier (et ne pas en rajouter) et je fais mon sac plusieurs jours à l’avance, au cas où j’aurai effectivement besoin de quelque chose, pour avoir le temps de trouver une solution « ZD » et éviter un achat neuf de dernière minute.

Pensez à une garde de robe « pratique », et minimaliste, avec des vêtements à plusieurs fonctions (le tshirt qui devient pyjama, le robe pour le jour comme pour sortir la nuit…). D’où la nécessite de prévoir en avance ses activités (foret ? montage ? plage ?…) pour adapter vos tenues dès la préparation du sac.





Pour finir :

Le tourisme est à l’origine de près de 10 % des émissions de gaz à effet de serre. Dans le même temps, un étude de Booking.com révèle une hausse de l’intérêt des touristes pour des vacances plus durables, en France comme à l’étranger : 54 % des interrogés indiquent que leur confrontation à “l’impact du tourisme” durant de précédentes vacances leur avait donné envie de voyager de façon plus écologique.

Vous partez en road trip et vous voulez connaître les moyens de transports les plus écolo pour vous déplacer ? Allez sur : http://voyage.chiffres-carbone.fr pour mesurer votre impact en émissions de Co2.

 

Imprégnez vous de bonnes habitudes, qui deviendront des automatismes naturels : refuser la paille dans sa boisson (pour ne pas qu’elle ne finisse dans la narine d’une tortue) , ne pas toucher aux produits individuels dans les hôtels et venir avec les siens, arrêter les mouchoirs en papier, voyage avec une tasse en inox, avoir sa carte d’embarquement en version mobile…

Voyager est avant tout un plaisir, aussi l’objectif de cet article n’est pas de forcer la main ou de faire culpabiliser. Choisissez les actions qui vous semblent les plus réalisables, sans vous mettre de pression. Chaque geste, même petit, est déjà une bonne initiative ! Bon voyage !

Commentaires - 1

Pierre

Pierre

Super article Constance, merci beaucoup pour tous ces conseils !
août 6, 2018 9:42

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