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Deux ans de vie (presque) zéro déchet

Deux ans de vie (presque) zéro déchet

Constance, élue de la Ville d’Angers, nous l’avons rencontré au sein du collectif Zéro Déchet d’Angers. Nous sommes tombés récemment sur un de ses posts sur Facebook où elle témoignait de ses 2 ans de Zéro Déchet. Nous lui avons donc proposé de venir en faire part aux lecteurs de Point Local. Merci Constance d’avoir accepté et bonne lecture à toi 🙂 L’équipe de Point Local

Cela fait 2 ans que j’ai adopté un mode de vie qui tend vers le zero dechet, le zero gaspillage et que mes poubelles se sont progressivement allégées. À Angers, chaque habitant produit 493kg de déchets ménagers / an, dont 183kg d’ordures ménagères résiduelles (déchets non recyclables / valorisables, dits « poubelle noir »). Ma poubelle noir a pesé pour l’année 28kg (foyer de 2 personnes), donc j’ai personnellement produit 14kg d’ordures ménagères. J’ai jeté 13x moins que mes concitoyens. Sachant que 80% de ma poubelle noir contient des déchets organiques, qui finiront en compost quand ma demande d’avoir un composteur collectif a proximité de chez moi (je n’ai ni jardin ni balcon ni cour) verra le jour.

Alors que la Semaine Européenne de Réduction des Déchets a lieu du 18 au 26 novembre, retour en arrière sur comme j’en suis arrivée là.

Le déclic

Septembre 2015. J’ai terminé les travaux réalisés à la sueur de mon front dans un appartement dont je suis fraichement propriétaire et m’apprête à quitter mon T2 au 5ème étage sans ascenseur. J’emballe mes affaires des heures durant, j’emballe encore, je n’en vois pas la fin. Il y a toujours des choses cachées derrière d’autres, que je découvre au fur et à mesure. C’est fou tout ce qu’on peut entasser dans 40m2. Je sature, je suffoque, je croule. Je termine mes cartons en étant dégoutée de mes propres affaires. Je me fatigue à charger, décharger, monter, descendre, emballer, déballer, des affaires dont je ne me sers pas, parfois neuves, ou au contraire, qui n’ont pas vocation à être gardées.

Question n°1 : est ce que j’ai vraiment besoin de tout ça ?

Désencombrement

Non, bien sur. Dans mon nouveau chez moi, entourée de cartons, je prends les choses en main. Je me lance avec les conseils de Marie Kondo, une japonaise auteur d’un best seller, « la Magie du rangement ». Mon appartement devient un chantier. Toutes les pièces sont jonchées d’affaires. Je trie tout. TOUT. Armée de sacs, je sépare ce que je jette, de ce que je donne, je vends ou je garde. Kondo dit, notamment, de prendre chaque chose dans ses mains en se demandant si celle ci nous procure une sensation particulière (bonheur, souvenir…). 25 ans de vie sont là sous mes yeux. Je prends chaque livre, chaque vêtement, chaque bibelot dans mes mains. Cela dure des jours, des semaines. J’arrive chez APIVET avec 18kg d’habits à donner. Je débarque à la bouquinerie du centre avec des sacs de livres. Les allers retour à la Ressourcerie s’enchainent. Je deviens experte des annonces sur le bon coin. Je jette beaucoup. Beaucoup trop… Si je n’avais pas eu toutes ces choses, elles n’auraient pas finis dans la poubelle, en déchets.

Question n°2 : avoir moins pour moins jeter (et avoir mieux) ?

 

Allègement

Après Kondo, mes recherches me mènent de la consommation collaborative (dont j’étais déjà une convaincue) au minimalisme. Les emballages représentent 1/3 du poids de nos poubelles. Après avoir désencombré pour ne garder que l’essentiel, je décidais de m’attaquer aux emballages qui m’entourent.
Là, ma révélation, c’est Bea Jonhson. Cette franco américaine vivait dans l’hyper consommation en Californie et a tout changé pour ne produire plus qu’1kg de déchets PAR AN pour une famille de 4 ! Son déclic, elle l’a eu lors d’un déménagement, comme moi. Alors je me suis nourrie de son livre, de ses conseils, des reportages sur son mode de vie, devenu un modèle dans le monde entier. Autour de son histoire, une communauté se créée, à l’échelle mondiale. Je me rends en banlieue parisienne pour assister à l’une de ses conférences, je rejoins des groupes Facebook, je m’abonne à des chaines Youtube, je suis des blogs dédiés au « ZD ». J’ingurgite une quantité d’informations qui m’étaient jusqu’alors inconnues. Je m’approprie tout ce que j’apprends, je me l’applique peu à peu, je développe des reflexes.

Mise en pratique

Je partais de loin, et ça m’a pris du temps. Pour chaque usage du quotidien, il a fallu troquer un objet sur-emballé pour du vrac (ou recyclable), de l’usage unique pour du durable.
Le plus “facile” : bannir tous les produits d’entretien fabriqués, que l’on nous vend comme dédiés à une action (un pour les vitres, un pour le calcaire, un pour la SDB, un pour la cuisine, un pour l’évier, un pour les WC, etc). Les industriels aimeraient nous faire croire que nous avons besoin d’une multitude de ces produits. Balayés d’un revers de main, ils sont remplacés par du vinaigre blanc et du bicarbonate de soude. A l’occasion, du savon noir liquide ou de l’acide citrique. Et c’est tout, pour faire toute la maison. Banni les lingettes jetables et autres essuie touts, bienvenu aux vieux vêtements transformés en chiffons.
Il y a aussi des petites victoires, comme le jour où j’ai retiré définitivement la poubelle de ma salle de bain car je n’ai plus rien à y jeter. Au revoir crèmes en tout genre, cosmétiques jamais utilisés, disques démaquillants jetables, cotons tiges et nombreux gels douche / shampoing. J’ai fait place au minimalisme sur mon visage, pour mon hygiène, et ai trouvé une solution durable pour le reste (oriculi, lingettes lavables, dentifrice solide, déo fait maison…).
Le plus “fastidieux” : incontestablement la cuisine. Non seulement je ne cuisinais pas, mais j’avais pris des habitudes alimentaires disons « douteuses » lors de mes années d’études à Paris. Je me suis appropriée les produits frais, locaux, et de saison, puis le vrac, grâce à L’épicerie 2 Pauline. Son ouverture à largement contribué à ma transition (et depuis, à agrandir la communauté « ZD » angevine). Au marché comme en grande surface, j’apporte mes boites pour qu’on y dépose directement de la viande, du poisson ou du fromage.
Etant en perpétuelle quête d’informations, ma démarche s’enrichie, évolue : perturbateurs endocriniens, gaspillage alimentaire, obsolescence programmée, 7ème continent, locavorisme,… Tout est lié et je m’intéresse à tout, pour me forger mon avis, mon parcours, le mode de vie qui me paraît le plus adapté. La remise en question de notre société hyper consommatrice est totale. Pour quelqu’un qui a fait une école de Pub, où l’on apprend à « cibler » le consommateur pour qu’il achète une boite de conserve, la descente est brutale.
Voyageant depuis longtemps, ma manière de barouder à également évolué. Blogueuse à mes heures, je me suis mise à écrire sur le tourisme durable, l’environnement et les déchets. Que ce soit l’impact du tourisme de masse en Islande ou l’omniprésence du plastique à BangkokCe que l’on ne jette pas chez nous, pourquoi devrait on le jeter ailleurs ? Nous sommes tous dans le même bateau. Désormais, je voyage de manière minimaliste, avec seulement un sac format “cabine” même pour plusieurs semaines. J’ai toujours sur moi une gourde, des couverts, un pain de savon ou mon deo fait maison. Bref, je voyage (presque) zero déchet.

 

Et maintenant

En passant à une vie à 2, tout ce qui s’est retrouvé en double a été donné ou vendu. Notre nouvel appartement est aussi désencombré et minimaliste pour 2 que le mien l’était pour une personne. C’est une organisation et une démarche globale qui a incontestablement changé ma vie. Aujourd’hui, je pense chaque geste, mais presque sans y penser. C’est devenu naturel. Il m’est impossible de revenir en arrière ou de vivre dans le déni pour éviter le sujet.
A chaque usage, à chaque problème, à chaque situation, je m’efforce de trouver une solution la plus « zero dechet » possible, la plus durable. Tout n’est pas parfait, il y a encore des choses sur lesquelles je sais que je ne fais pas le bon geste, ainsi que Monsieur, pas encore prêt à me suivre sur certains points. Mais à côté je me suis mise au troc, je fabrique ma lessive, je porte des vêtements de seconde main, mon smartphone est reconditionné… Chaque effort individuel, même minime, participe à l’effort collectif.
Aujourd’hui, j’essaye de me rendre utile. Avec d’autres citoyens, je me suis engagée dans un collectif local, Zéro Déchet Angers. Dans le cadre de mon mandat, j’échange avec des start up comme la ruche qui dit oui, meal cantine ou encore too good to go. Le numérique est un outil puissant pour la démarche ZD, évoqué lors d’un meet up « numérique et développement durable » que j’ai animé récemment. En tant qu’élue, j’essaye de mener des actions en adéquation avec mes valeurs.

Le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas !

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