Jason a souhaité témoigner sur son évolution au niveau de sa consommation. Il avait tellement de choses à nous dire qu’il va le faire en trois épisodes. Après le premier sur l’alimentation. Voici, celui sur son rapport au transport. Bientôt son dernier article sur la récupération. C’est toujours un plaisir de publier un témoignage de Jason qui fut le premier à accepter de témoigner sur notre site. L’équipe de Point Local

Après avoir évoqué « La bouffe », je me devais d’aborder un deuxième élément important du quotidien, à savoir le transport.

Je le confesse bien volontiers, je faisais partie des « monsieur toutlemonde » pour qui déplacement rimait forcément avec voiture. Ceci étant, vivant dans le néant de la Picardie, entouré de champ de betteraves, dans une commune de 80 habitants, à 45 minutes de mon travail et à plus de 4H de route de ma famille, la voiture m’était impérative.

En plus, comme beaucoup de mes congénères mâles, j’ai toujours eu une certaine inclinaison pour les bagnoles. Et c’est pourquoi, après avoir usé ma petite voiture d’étudiant, j’ai opté pour ce qui semblait pour moi la parfaite option pour faire de la grande route, une Mercedes Classe C Diesel. J’avais toujours aimé ce modèle, j’avais les moyens de me l’offrir (en occasion bien entendu) et c’était un petit peu la concrétisation de ma réussite professionnelle toute relative, une sorte de cadeau pour grand enfant en quête de reconnaissance. C’était il y a 3 ans.

Je ne vais pas être hypocrite, vous êtes toujours susceptible de me croiser sur les routes, mais depuis 5 mois, les choses ont bien changés. Voici pourquoi et comment :

LE BON COÛT DES CHOSES SIMPLES

Si j’étais tout heureux de frimer au volant de mon nouveau jouet, j’étais assez loin de me rendre compte de ce qu’allait me coûter ce véhicule. J’ai vite été rappelé à la raison, puisque une semaine après l’achat, je donnais le reste de mon épargne à un garagiste, pour une facture de 1.000€. Pour autant, j’ai continué pendant 2 ans à faire mon plein d’essence tous les 8-10 jours, à rouler 2 x 45 km par jour et à faire des allers/retours Oise > Maine-et-Loire tous les 15 jours. Même quand je repassais (régulièrement) au garage pour des factures de 350€ j’étais heureux, j’étais libre, enfin c’est ce que je croyais.

En réalité, je passais plus d’une heure dans la voiture le matin, dont 20 min dans les bouchons, souvent énervé. Quand nous descendions à Angers, nous arrivions souvent vers minuit le vendredi soir, fatigués, revenions le dimanche soir, fatigués. Mais pouvais-je faire autrement ?

Les pics de pollution

Pendant cette période de restriction et de circulation alternée, j’ai parcouru tous les jours les 90 km entre mon boulot et chez moi, malgré les pics de pollutions qui subsistaient quelques kilomètres plus bas, en bordure de région parisienne. C’est à ce moment-là que j’ai réalisé qu’il me fallait une alternative. J’ai donc passé plusieurs heures sur google map, RATP, SNCF et autre pour trouver une alternative crédible à mon trajet quotidien. J’avais des pistes mais c’est en réalité sur Youtube que j’ai trouvé la clé du problème, tout était expliqué par Jacques Gamblin.

Dans Paris à vélo on dépasse les autos

Oui, Joe Dassin m’avait déjà mis la puce à l’oreille, la solution ne pouvait passer autrement que par le vélo. Au 1er Janvier j’ai donc opté pour cette alternative : MAISON > Voiture > GARE A > Train > GARE B > Vélo > TRAVAIL.

Même si mon premier trajet a tourné au fiasco parce que Google m’a fait passer par un champ plein de boue et que j’ai perdu 25 minutes et un pantalon, voilà 6 mois que je pratique ce mode de transport et le résultat est sans appel.

Equipé d’un vélo pliant flambant neuf et d’un abonnement de train mensuel, mon quotidien est bien meilleur, malgré un temps de trajet supérieur. En effet même si en voiture je passais environ 1H45 en voiture A/R, mon trajet voiture et marche (15 min) + train (30 min) + vélo (30 min) m’occupe maintenant pendant 2H30 chaque jour.

CE N’EST PAS VALABLE TON AFFAIRE DU COUP ?

Oui mais voilà, avant j’avais 1H45 de temps de perdu, coincé dans la voiture, à regarder illicitement mon téléphone à chaque ralentissement et à réécouter les informations matinales, que j’avais déjà eu pendant mon petit déjeuner. Depuis 6 mois, j’ai eu le temps de lire une petite dizaine de livres, mais aussi de prendre le temps de discuter avec des inconnus dans le train et surtout de profiter des pistes cyclables pour faire 1H d’activité physique tous les jours.

Le deux roues de la fortune

Non seulement je m’enrichie culturellement, mais pour la première fois depuis l’achat de ma voiture, mon compte en banque a le sourire. Avec ce que je n’ai pas dépensé en carburant, j’ai remboursé mon vélo en à peine plus d’un mois. Depuis Janvier je n’ai pas revu mon garagiste et comble du bonheur, mon abonnement de train est remboursé à 50% par mon entreprise. C’est le jackpot ! Il demande un peu d’effort et un peu de courage quand le temps n’est pas estival, mais le résultat est indiscutable. Chaque jour je me réjouis de ne plus brûler une partie de ma paie dans un système qui est mauvais pour la planète, génère du stress et favorise les compagnies pétrolières et les sociétés d’autoroute. A l’inverse, j’ai un regain de pouvoir d’achat, de vitalité et un vrai sentiment de liberté vis-à-vis de ce que j’étais avant, confortablement installé dans ma grosse voiture dont j’étais constamment dépendant. De plus, bien équipé, même en vélo, on peut affronter la pluie, le vent et le froid.

TGVMax mon amour

Après avoir résolu le problème des trajets du quotidien, il nous restait avec ma copine à savoir comment aller dans l’Ouest voir notre famille et nos copains quand ils nous manquent trop. C’est là qu’intervient Guillaume Pépy et son abonnement TGVMax pour les moins de 28 ans. Un abonnement à 80€/mois par personne pour voyager en illimité sur une sélection de TGV. J’étais sceptique, mais après plusieurs mois nous avons fait plus de 5000 km en TGV entre Paris, Angers, Lyon et Nantes pour voir nos proches. La solution n’est pas parfaite (nous avons payé un billet de Ouibus pour faire Paris > Rennes, faute de dispo de TGV). Mais je suis convaincu que même sans l’abonnement TGVMax, le fait de délaisser la voiture au quotidien peut permettre de faire ponctuellement des grands trajets en train. Et pour nous, les habitués de la fatigue au volant, cette solution nous permet d’arriver plus vite, moins fatigué et même parfois alcoolisé (et oui au moins dans le train on peut y prendre l’apéro sans risques !).

BILAN

Même si il y a des matins où il fait froid sur mon vélo, des automobilistes qui ne font pas assez attentions aux cycles, des trains où les gens parlent trop fort et même dès qui arrivent en retard… Pour moi changer mon mode de transport a changé ma relation au temps, mes dépenses et mon niveau de stress. Mon cas n’est qu’un parmi d’autres et il n’est pas transposable à tout le monde, mais si vous avez un doute sur l’avenir du transport ou juste besoin de motivation pour vous lancer, demandez à Jacques Gamblin de vous en parler !