Jason a souhaité témoigner sur son évolution au niveau de sa consommation. Il avait tellement de choses à nous dire qu’il va le faire en trois épisodes. Le premier, le voici, il concernera l’alimentation. Les deux prochains seront sur le transport et la récupération. Merci en tout cas Jason, d’inaugurer cette rubrique. L’équipe de Point Local

Depuis plusieurs années, je m’intéressais à l’écologie et à la protection des ressources. Sans être acteur, je faisais partie de ces gens qui comptent sur les ONG et les organismes de certification (type FSC, PEFC) pour changer les choses.

Il y a deux ans, la prise de conscience s’est déclenchée chez moi, notamment après avoir vu les films : La Glace et le Ciel (De Luc Jacquet et Demain (De Cyril Dion et Mélanie Laurent). Depuis, j’ai compris que le changement doit être opéré par tous et sans plus attendre. C’est la raison pour laquelle, ma copine et moi nous avons décidés de revoir notre manière de consommer, de nous déplacer, de nous nourrir, de réfléchir le monde, mais sans pour autant changer radicalement notre manière de vivre.

Je tiens à préciser que je suis en bordure de région parisienne, salarié, d’environ 30 ans, en bonne santé malgré une petite surcharge pondérale assumée.

LE PREMIER COMBAT : LA BOUFFE

Bon vivant, toujours prêt à manger tout ce qui me passe sous la main, j’ai vite compris que mon alimentation était à la fois un problème pour l’environnement mais aussi pour ma santé. Approchant tranquillement des 100 kilos, c’est surtout quand j’ai compris l’impact de la consommation de viande sur la planète que j’ai décidé de basculer vers une alimentation plus végétale.

« Oui mais quand même une Côte de Bœuf c’est bon » Bah oui évidement quand on est habitué à manger de la viande tous les jours, les premiers temps sont difficiles à vivre. Mais en réalité, quand on aime cuisiner, remplacer la viande c’est un défi super intéressant. J’ai d’abord commencé par un petit cours de nutrition dans la préface d’un bouquin de cuisine végétarienne. Ça y est ! Je suis convaincu, la viande n’est plus indissociable à la bonne bouffe et je me lance dans la préparation de mon premier Dahl, puis je découvre le Tofu, les protéines de soja et ces nouvelles denrées m’apportent une créativité culinaire inouïe.

Jour après jour, ne pas manger de viande me donne une satisfaction spirituelle mais aussi un avantage concret, car pour la première fois depuis des années : je suis en train de perdre du poids. En 10 ans, je n’ai jamais connu ça. Sans régime draconien, sans me priver, sans sombrer dans la dépression, sans sentiment de faim, et tout en me faisant plaisir, mon corps se réadapte tranquillement. 10 mois après le début de l’aventure et avec un petit peu de sport, me voilà délesté de bientôt 20 kg dont j’aurais été incapable de me débarrasser autrement. Et oui !

Moi, l’épicurien, me voilà maintenant réhabitué à un régime alimentaire sain, pour mon corps mais aussi pour la planète.

 Le choix du BIO

Pendant cette période, j’ai eu l’occasion de lire plusieurs articles sur les « pommes empoisonnées ». Pour moi il n’y avait rien de plus bête, de plus innocent qu’une pomme… Surprise, il y a plus de saloperies dans une pomme traitée que dans l’armoire à pharmacie de ma grand-mère. C’est décidé, à partir de demain je mange Bio.

Un choix qui s’avère payant, car par ce biais j’ai acheté de moins en moins de produit transformés (sauces préparées, pizza, etc.) en raison du prix en magasin Bio. Du coup, j’ai reporté mes envies sur des produits bruts, pas de superflu, mais des produits plus savoureux, comme des huiles (et surtout l’huile de sésame grillée donc je raffole). Le double avantage c’est que les courses coûtent moins cher malgré des produits plus onéreux et que ça évite d’avoir des produits prêt-à-manger et périssables qui traînent dans le frigo.

En plus, j’en avais marre d’aller faire mes courses en grande surface, de la foule, des promos tout-azimut, de devoir remplir le chariot coûte que coûte. Depuis, je vais quasi exclusivement en magasin bio et au marché. C’est paisible et beaucoup plus sympa.

Pour avoir entendu plus d’une fois des gens me dire « Toi tu peux te permettre t’as les moyens, moi le Bio ce n’est pas possible » je sais maintenant que c’est faux. Perso, je paie moins cher de course maintenant qu’avant, pour des meilleurs produits. Bien entendu il faut s’avoir acheter ce dont on a réellement besoin et ce qui est disponible…

Réapprendre le fil des saisons

Quand j’allais chez Carrefour, je trouvais toujours des tomates, des avocats, des oranges, quelle que soit la saison et ça m’allait très bien. Ma génération a grandi à l’ombre des supermarchés, des rayons pleins, des étalages attrayants. Pour moi tout ça s’était normal, pouvoir manger de tout quand on veut. Il m’a fallu du temps pour comprendre que c’est normal si les tomates que l’on achète en hiver sont sans goût. Que les prix sont plus bas quand c’est la pleine saison… C’est une éducation que je n’ai pas eu, pourtant je n’ai pas grandi en centre-ville. Aujourd’hui quand je retourne en supermarché, j’analyse les caddies et je comprends l’ampleur du dégât. L’avantage d’acheter Bio c’est que ce qui n’est pas de saison c’est tout de suite une provenance de l’étranger et souvent plus cher. Alors d’une il faut réapprendre à savoir ce qui est de saison (internet aide bien) et surtout accepter de ne plus manger de tout, tout le temps. La bonne nouvelle c’est que ça permet de faire baisser sa facture et l’impact environnemental mais aussi d’apprécier vraiment la saison des tomates/concombres/poivrons et celle des poireaux/potirons/choux.

Mais le plus drôle dans tout ça c’est qu’on se rend compte qu’en réalité, la majorité de ce qu’on mange est végétarien, même ce qui est gras. Des frites et une bière, ça reste végétarien ! Et qu’adopter ce mode d’alimentation c’est meilleur : pour le goût, pour la santé, pour la planète et pour le portefeuille.